La question du changement climatique s’est installée durablement au premier plan de l’actualité et des préoccupations des opinions publiques. Longtemps confinée aux milieux scientifiques et aux groupes écologiques, elle a émergé depuis quelques années au niveau gouvernemental – avec notamment la signature du Protocole de Kyōto.
Mais ce sont surtout les dérèglements météorologiques récents (canicules à répétition, cyclones dévastateurs…) qui en ont fait, depuis peu, un sujet d’actualité quasi-permanent, bien que leurs liens avec le changement climatique ne soient pas, à ce jour, établis de façon certaine. Parallèlement, les progrès de la connaissance scientifique ont transformé peu à peu ce qui était au départ une simple hypothèse — un réchauffement climatique causé par l’homme — en une quasi-certitude, même si beaucoup d’inconnues subsistent encore quant à l’ampleur exacte et au rythme du phénomène.
Le changement climatique des dernières décennies se caractérise, avec un degré estimé de fiabilité supérieur à 90 %, par :
- une augmentation des températures de l’air affectant les huit premiers kilomètres de la basse atmosphère ;
- une diminution de la fréquence des froids extrêmes et une augmentation des vagues de chaleur ;
- une influence directe de la diminution de la couche d’ozone de la stratosphère ;
- une amplification du phénomène El Niño, responsable d’un renforcement des pluies et des sécheresses dans diverses régions des tropiques ;
- une réduction de l’extension de la couverture neigeuse et de la durée de gel des lacs et des rivières ;
- le recul des glaciers de montagne ;
- une réduction de l’étendue de la glace de mer (banquise) au printemps et en été dans l’hémisphère Nord. Cette diminution est estimée à 40 % de son épaisseur ;
- une élévation du niveau de la mer de 10 à 20 cm au cours du XXe siècle ;
- une augmentation des précipitations pendant tout le vingtième siècle dans les hautes et moyennes latitudes de l’hémisphère nord. Les précipitations semblent inchangées sur les continents de l’hémisphère sud. Les données en domaine océanique sont insuffisantes pour établir un bilan ;
- un accroissement de la proportion et de la fréquence des cyclones tropicaux de niveau 4 et 5 (les plus élevés de l’échelle de Saffir-Simpson) observé dans le golfe du Mexique et aux Etats-Unis.
Le corps humain se maintient en harmonie avec le milieu environnant grâce à des régulations permanentes de son milieu intérieur. Si les conditions extérieures varient soudainement ou dans des proportions très importantes sur un temps plus long, les facultés d’adaptation peuvent être débordées et des pathologies s’installer sous l’effet d’influences directes ou indirectes.
- Les effets soudains mais brefs des conditions climatiques : vagues de chaleur, expéditions dans des conditions extrêmes (déserts), cyclones … Lors de ces paroxysmes bioclimatiques, on constate que les personnes les plus affectées sont les enfants en bas âge et les personnes âgées, plus particulièrement les femmes. De plus la mortalité est surtout due à une soudaine aggravation d’états pathologiques. Le maintien d’une chaleur nocturne élevée ne permettant pas à l’organisme de récupérer après l’élévation diurne est l’effet le plus redoutable.
- Un réchauffement climatique risque d’augmenter sensiblement les infarctus.
- Dans les pathologies rhumatismales, les épisodes inflammatoires semblent aggravés par des températures nocturnes élevées associées à une surcharge de vapeur d’eau, alors que les arthroses, les périarthrites semblent ressenties plus durement en hiver.
- Les maladies infectieuses : les maladies à transmission vectorielle comme la dengue, le paludisme et les encéphalites virales, le choléra…
- Influence du climat sur les maladies parasitaires : Ces affections graves sont dues à des parasites véhiculés par des insectes. Deux facteurs sont très importants dans la virulence de ces parasites : a) leur longévité, car la densité morbide de larves n’intervient qu’à un âge avancé de l’insecte et b) la chaleur qui favorise ce phénomène.
- Les leshmanioses sont connues depuis longtemps pour être influencées par le climat.
- Les trypanosomiases sont induites par divers parasites et véhiculées en Afrique par les glossines (mouches Tsé Tsé). Ces insectes se réfugient dans les végétaux pour parfaire leur capacité d’infectiosité.
- La bilharziose est une maladie pouvant évoluer vers des troubles cérébraux gravissimes (800 000 décès/an). L’infection s’effectue essentiellement par les baignades dans l’eau infectée (Egypte, Inde, Guadeloupe…).
Les autres maladies
- Les zoonoses à tiques (maladie de Lyme et encéphalites à tiques) sont des maladies virales pouvant devenir mortelles.
- On mentionnera également l’influence putative du climat sur l’expansion des toxines présentes ou secrétées par des algues et certains coquillages.
- Les allergies peuvent être placées parmi les maladies sous influence indirecte des variations climatiques, car elles sont dépendantes des allergènes véhiculés essentiellement par le vent et l’humidité. Les maladies allergiques constituent un problème majeur de santé publique.
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